Auteur Sujet: Lectures opaliennes  (Lu 87368 fois)

0 Membres et 1 Invité sur ce sujet

Hors ligne Johan Scipion

Re : Re : Lectures opaliennes
« Réponse #450 le: novembre 22, 2013, 19:25:31 pm »
Ravage de Barjavel

Vous en avez pensé quoi ?

Une daube réac et pétainiste.
+ Découvrir Sombre
+ Soutenir le jeu sur Tipeee
+ Consulter mon planning de démos
+ Commander des numéros de la revue

Hors ligne themansteph

  • Barge du forum/Roliste occasionnel/Wannabe du jdr/Spécialiste en jeux de mots bidons
  • Pilier de Bar
  • *******
  • Présentation de themansteph

  • Messages: 2141
  • Non !
Re : Lectures opaliennes
« Réponse #451 le: novembre 22, 2013, 19:29:48 pm »
Je dois avouer que sans aller jusqu'au même point Johan ce livre m'a particulièrement déplu, c'est  effectivement un livre réactionnaire.
Si, si il m'arrive de jouer aux jeux de rôle.
J'ai le cerveau lent c'est pour ça que j'ai toujours l'air de planer.
C'est n'est pas parce que je suis barge qu'il faut me pousser après je pars à la dérive.
Beaucoup pense que je n'ai pas la lumière à tous les étages ou que j'ai disjoncté et pourtant je suis bien allumé.

Hors ligne Merriman

Re : Re : Lectures opaliennes
« Réponse #452 le: novembre 22, 2013, 19:41:19 pm »
Bah, j'ai le lire quand j'étais gosse, mais ça ne m'a pas plus marqué que ça. En revanche, je crois avoir moi aussi aimé L'Enchanteur (et La Nuit des temps et Le Voyageur imprudent). Mais ça remonte vachement, tout ça...

Ce qui est sûr, c'est que c'est effectivement le premier roman cité quand on reproche à Barjavel de s'être fait le chantre du pétainisme.
Bon, personnellement, c'est le genre de chose qui (sorry, Johan et themansteph) me laisse franchement perplexe. "Réactionnaire", et alors? Les bouquins ont besoin d'un certificat de bonne moralité, maintenant?

(D'ailleurs, mdb, si tu peux développer un peu sur ce qu'il y avait de si déplaisant, ça m'intéresse...)

I was walking about in Cambridge and passed a bookshop, and in the window were portraits of Russell, Freud and Einstein. A little further on, in a music shop, I saw portraits of Beethoven, Schubert and Chopin. Comparing these portraits, I felt intensely the terrible degeneration that had come over the human spirit in the course of only a hundred years.

Wittgenstein

Hors ligne themansteph

  • Barge du forum/Roliste occasionnel/Wannabe du jdr/Spécialiste en jeux de mots bidons
  • Pilier de Bar
  • *******
  • Présentation de themansteph

  • Messages: 2141
  • Non !
Re : Lectures opaliennes
« Réponse #453 le: novembre 22, 2013, 19:44:46 pm »
Relis le bouquin et tu verras, c'est une attaque sans nuance contre la technologie.

Hors ligne Merriman

Re : Lectures opaliennes
« Réponse #454 le: novembre 22, 2013, 19:47:48 pm »
Mais en quoi ça en fait un mauvais roman?

Hors ligne Nobla

Re : Lectures opaliennes
« Réponse #455 le: novembre 22, 2013, 20:13:50 pm »
On est d'accord, Barjavel ne met en avant que les conséquences néfastes du progrès technologique. Mais Merry a raison, ça n'en fait pas ipso facto un mauvais auteur (même si j'ai pas trouvé Ravage terrible non plus. J'ai un bien meilleur souvenir du Grand Secret. Je n'ai pas lu la Nuit des Temps.)

De mon côté, j'ai finalement attaqué Le héros au mille et un visages de Campbell. C'est dur, mais c'est bon!
I've seen all the porn in the world !!!

"Il ne faut pas se citer dans sa propre signature, c'est très prétentieux"
- Nobla

Hors ligne Darcal (Olivier C.)

Re : Lectures opaliennes
« Réponse #456 le: novembre 22, 2013, 20:59:06 pm »
J'ai lu La Nuit des Temps et le Grand Secret qui m'ont tous deux bien plu.
Ma soeur par contre avait vraiment aimé Ravages...
Du coup, va falloir que je me fasse ma propre opinion ^^
La valeur d'un homme ne se voit pas. Elle dépend de ses rêves, de son coeur.

Hors ligne manquedebol

Re : Lectures opaliennes
« Réponse #457 le: novembre 23, 2013, 03:35:47 am »
Merri > ben sur la fin c'est vraiment le côté réac, si on peut dire, qui m'a titillée. Les femmes sont respectées parce que ce sont des poules pondeuses, les hommes sont les maîtres et dirigent, la polygamie pour repeupler le monde et tout le monde sera content. Après tu réfléchis à la mentalité de l'époque, à la situation, tu grinces des dents et ça passe.

J'ai pas particulièrement de problème avec toutes les histoires sur lataiknolojiçaymal, je suis pas foncièrement en désaccord avec le thème, dans l'ensemble.

Non, ce qui m'a choquée c'est le comportement du héros qui passe de "je suis un fils de paysan bien élevé mais un peu réac" à "je n'ai plus aucune humanité mais, hey, c'est normal, c'est la fin du monde". Le pire ça a été ce passage :

(cliquez pour montrer/cacher)
"Mauvais meujeu, mauvais au pieu !" Annabelle Mathon © 2013

Qu'est-ce qu'ils sont cons ces pauvres !

Je suis fertile entre mes 15 et 50 ans, j'ai bien le droit d'avorter autant que je veux vu tout ce que je baise !

Comme s'il était plus simple de ne pas tomber enceinte que de tomber enceinte ^^

Hors ligne Johan Scipion

Re : Re : Re : Lectures opaliennes
« Réponse #458 le: novembre 23, 2013, 04:16:45 am »
Les bouquins ont besoin d'un certificat de bonne moralité, maintenant?

Non bien sûr, mais celui-là a été édité par Robert Denoël en 43, après prépublication dans Je suis partout. C'est du lourd, quand même.

Et même en faisant abstraction du contexte, le message me semble hyper clair. J'ai lu Ravage ado, ignorant tout de son parcours éditorial (j'avais juste bien kiffé La nuit des temps, étudié en classe), et le sous-texte pétainste m'avait sauté à la gueule.

Et bon, moi perso moi-même, je n'aime pas trop les messages politiques tartinés à la truelle dans les romans. Surtout quand ça se résume aux fondamentaux de la Révolution nationale, je dois dire. Opinion toute personnelle, hein.

Hors ligne Merriman

Re : Lectures opaliennes
« Réponse #459 le: novembre 23, 2013, 12:36:48 pm »
mdb> Ok, je vois mieux!  ^^

Johan>
Non bien sûr, mais celui-là a été édité par Robert Denoël en 43, après prépublication dans Je suis partout. C'est du lourd, quand même.

Et même en faisant abstraction du contexte, le message me semble hyper clair.

Ah ben, je ne nie pas ça, hein! Je n'ai jamais dit qu'on avait tort de voir le bouquin comme pétainiste.

Et bon, moi perso moi-même, je n'aime pas trop les messages politiques tartinés à la truelle dans les romans.

Moi non plus. Politiques ou autres, d'ailleurs - l'idéologie lourdement assénée, ça me fatigue vite. Typiquement, j'adore Chesterton et j'aime Miéville, mais leur tendance fréquente à se muer en propagandistes (du catholicisme pour le premier, de la gauche radicale pour le second) est susceptible de me gonfler à l'occasion.

Et je ne doute pas que cet aspect-là joue contre Ravage.

C'est le simplisme, en fait, qui me dérange dans ces cas-là. C'est comme les trucs mentionnés par mdb, d'ailleurs: je ne pense pas que je serais gêné par un protagoniste se transformant en assassin parce que "c'est la fin du monde, circonstances exceptionnelles, toussa". Mais je le serais quand même si j'avais l'impression que l'auteur me le présente comme exemplaire, sans mêler à ça la moindre critique, la moindre nuance. Je serais gêné par ce qui me semblerait stupide, en somme.

Cela dit...

Surtout quand ça se résume aux fondamentaux de la Révolution nationale, je dois dire. Opinion toute personnelle, hein.

Bah, j'ai aucune sympathie pour le pétainisme (cela dit, je pense qu'il faudrait distinguer le pétainisme du seul "retour à la terre", et qu'il est possible d'avoir une vision plus charitable - entre autre - des écrits de Thibon), mais reste ce que je voulais signaler initialement: l'idéologie la plus nuisible du monde ne suffirait pas nécessairement à faire d'un roman un mauvais roman.

J'ai jamais été très fan de Céline, mais enfin, beaucoup le considèrent comme un grand écrivain (en même temps qu'une ordure).
Les films de Leni Riefenstahl véhiculent fréquemment une idéologie antipathique, mais ils sont formellement excellents.
Pound, Hamsun, Mishima... Bon, la liste est longue. (Comme d'hab, on pourrait y ajouter le racisme parfois délirant de Lovecraft...)

On peut toujours me dire que tel bouquin est fondamentalement d'extrême-droite, mais je ne saurai s'il est mauvais qu'après l'avoir lu. D'une part, parce qu'il pourrait avoir nombre de qualités complètement indépendantes de son orientation politique (ça pourrait être une histoire très prenante, avec une atmosphère incroyable, etc). D'autre part, parce que même dans la limite de son message réactionnaire, il pourrait dire certaines choses intelligentes (par exemple, il y a certainement maintes bonnes raisons de critiquer la technologie ou l'urbanisation, et je pourrais tout à fait imaginer que Ravage comprend certaines critiques intelligentes de ces phénomènes).

Maintenant, si tu me dis que le message de Ravage se résume aux idéaux de la Révolution nationale, et qu'il n'y a rien d'autre, oui, je comprends que ce ne soit pas passionnant...

Hors ligne manquedebol

Re : Re : Lectures opaliennes
« Réponse #460 le: novembre 23, 2013, 13:46:55 pm »
C'est le simplisme, en fait, qui me dérange dans ces cas-là. C'est comme les trucs mentionnés par mdb, d'ailleurs: je ne pense pas que je serais gêné par un protagoniste se transformant en assassin parce que "c'est la fin du monde, circonstances exceptionnelles, toussa". Mais je le serais quand même si j'avais l'impression que l'auteur me le présente comme exemplaire, sans mêler à ça la moindre critique, la moindre nuance. Je serais gêné par ce qui me semblerait stupide, en somme.

C'est un peu ça. Et encore, pour certains meurtres je me disais que bon, ça s'explique, ça s'excuse. Mais AUCUN des protagonistes n'a le moindre instant de faiblesse à base de "OMG c'est trop horrible ce qui arrive à l'humanité toute entière, regardez ce qu'on devient, regardez ce qu'on fait, regardez ce qu'ils font". Non, jamais. Ils survivent, et à partir du moment où ils survivent plus rien de compte. Je crois pas avoir lu de remords ou de regrets. Pas de moments de désespoir, un vague moment d'hystérie/hallucination collective. J'en déduis donc que le héros est un psychopathe notoire, les autres des PNJs mal joués. C'est ça, le MJ est pas très réaliste, de mon point de vue. Ou extrémiste.

Hors ligne Johan Scipion

Re : Re : Lectures opaliennes
« Réponse #461 le: novembre 23, 2013, 15:02:05 pm »
Maintenant, si tu me dis que le message de Ravage se résume aux idéaux de la Révolution nationale, et qu'il n'y a rien d'autre, oui, je comprends que ce ne soit pas passionnant...

Je dis :

+ J'ai lu Ravage quand j'étais ado, ai détesté (une daube réac et pétainiste, donc) mais suis allé au bout parce qu'à l'époque, je mettais un point d'honneur à finir tous les romans que je commençais (oui c'est très con, mais j'étais jeune...). Je me souviens d'avoir souffert. Tellement en fait qu'il faudrait qu'on me paie (cher) pour le relire aujourd'hui.

+ Je n'argumenterai pas plus avant sur le texte lui-même parce qu'après tout ce temps, mes souvenirs sont, tu t'en doutes, hyper fragmentaires. Je me souviens bien mieux de ce que j'ai ressenti à la lecture du bouquin que du bouquin lui-même. Classique.

+ De manière générale, et de plus en plus à mesure que je prends de l'âge, la politique et/ou l'idéologie dans la fiction me gavent sévère. Un sous-texte discret, pourquoi pas. La nuit des morts-vivants ou Zombie, par exemple. Des gros bouts qui font comme des grumeaux, là par contre non merci. Typiquement, Land of the dead, du même Romero.

+ C'est l'une des raisons pour lesquelles j'ai arrêté de lire de la SF. De base, j'accrochais bien plus aux polars hypertechnologiques à la Gibson qu'à la SF prospective et/ou sociologisante. Et je dois dire que les dystopies, même de gauche, me gavent depuis longtemps. Je n'ai même plus le courage de relire V pour Vendetta, que je trouve pourtant bien foutu, c'est te dire.

+ J'en suis venu à penser que si un auteur a un vrai message à faire passer, le support fiction n'est pas le plus adapté. La non-fiction (un essai, un pamphlet, un discours, whatever) me paraît vachement mieux parce que ça parle directement à l'intellect, sans parasitage aucun (pas d'intrigue, pas de persos, pas de pathos). Plus franc, plus direct, plus efficace.


Avis de moi perso que j'ai, que j'exprime pour te répondre, mais dont je ne cherche absolument pas à convaincre quiconque. Goûts et couleurs, hein.





Hors ligne Altaran

Re : Lectures opaliennes
« Réponse #462 le: novembre 23, 2013, 17:40:23 pm »
Personnellement, j'essaye de distinguer dans ce genre de cas,  la qualité littéraire du roman, du message politique et/ou  la vie politique de l'auteur. Je peux étendre cela à des films. J'aime bien l'analyse politique d'une situation donné qui essaye être objectif (même si c'est pas possible à 100%), mais pas l'engagement politique militante. Dans le cadre d'un roman je m'en fou à la limite, ce n'est pas (je penses) en lisant la fin de ravage que je vais devenir un fan du régime de Petain et que je vais adhérer au message politique.Ce qui m’intéresse dans ce genre de roman, c'est, si ça ma transporté ou pas.
De Barjavel je n'ai lu que le voyageur imprudent que j'avais bien aimé à l'époque . Ce n'est pas la première fois que je vois réagir à propos de ce message politique concernant Ravage, faudrait que je le lise un jour.



Hors ligne Merriman

Re : Re : Re : Lectures opaliennes
« Réponse #463 le: novembre 25, 2013, 01:42:28 am »
Avis de moi perso que j'ai, que j'exprime pour te répondre, mais dont je ne cherche absolument pas à convaincre quiconque. Goûts et couleurs, hein.

Je l'avais bien pris comme ça!  ;)
Et je ne sais pas si de mon côté, je cherche à "convaincre" qui que ce soit, hein... C'est juste que j'aime bien confronter les points de vue.

Et on a pas des avis si éloignés sur la présence des messages dans la fiction. Je pense pas y être aussi hostile que toi, note - mais clairement, je n'aime pas avoir l'impression que l'histoire qu'on me raconte n'est que le déguisement plus ou moins habile d'un message de l'auteur (un message qui lui préexiste et qui est, en somme, indépendant d'elle).

je mettais un point d'honneur à finir tous les romans que je commençais (oui c'est très con, mais j'étais jeune...).

Oh, je connais! C'est même un défaut dont moi, je n'ai toujours pas réussi à bien me débarrasser!  :face:

Bon, allez...! N'ayant rien de plus à dire sur le sujet, je continue avec une mini-critique. Donc...


***

...ces derniers temps, j'ai lu du Campbell, du Machen, du M. R. James, et c'était à chaque fois jubilatoire. Mais comme ce sont des classiques, je vais pas en parler ici, et plutôt évoquer un autre bouquin d'horreur, beaucoup plus récent mais excellent lui aussi:

Last Days, d'Adam Nevill

(cliquez pour montrer/cacher)

L’intrigue est, à la base, plutôt simple. Kyle Freeman, jeune réalisateur désargenté, se voit proposer par un riche éditeur New Age de réaliser un film sur l’histoire d’une secte hallucinée, typiquement 70’s (les références à Manson ou au Révérend Jim Jones sont visibles et avouées), menée par l’arnaqueuse obèse « Sœur Catherine », et disparue dans un suicide collectif bien sanglant en plein désert. Il s’agirait simplement de suivre la secte de sa naissance en Angleterre à sa fin dans le désert de l’Arizona en passant par une ferme normande où les disciples s’installèrent quelque temps – tout ça en interrogeant quelques rares témoins survivants, heureusement déjà contactés par l’omniprésent commanditaire…

Mais qui sont ces « vieux amis » auxquels les membres de la secte faisaient référence, et avec qui ils prétendaient « entrer en contact » ?

Et quelles sont ces choses fugitives qui apparaissent sur la caméra de Kyle ?

Comme vous voyez, on est dans un registre assez classique – l’élément le plus original du roman étant peut-être, ici, la présence de cette fameuse secte autour de laquelle tout le reste tourne, et pour laquelle on sent que Nevill s’est beaucoup documenté, parvenant du coup à écrire une histoire qui sonne juste.

Mais classique ou pas, le roman est extrêmement réussi. Pourquoi ? Parce que toutes les scènes où apparaît, si peu que ce soit (et Nevill, pendant la plus grande partie du bouquin, préfère clairement miser sur une approche subtile plutôt que de donner dans la grosse artillerie) le surnaturel distillent une ambiance forte, prenante, inquiétante et – pour tout dire – assez malsaine. Le dévoilement progressif de la nature des « vieux amis » capte l’attention du lecteur à la manière d’un bon polar – mais aussi, et surtout, parce que Nevill n’a pas son pareil pour faire ressentir l’aspect profondément corrompu de ce qu’il décrit. Par ailleurs, leurs, hum, « capacités » (difficile d’en dire plus sans spoiler) font qu’il est à peu près impossible de s’en prémunir (un peu comme Sadako, qui viendra tôt ou tard vous rendre visite si vous êtes assez stupide pour garder un écran chez vous), et ce côté «je ne peux pas les empêcher de venir jusqu’à moi » fonctionne là aussi très bien. En ce qui me concerne, un roman d’horreur capable de me donner ne serait-ce qu’un soupçon d’inquiétude au moment où je me couche, parce que je me mets à imaginer que là, peut-être, dans la pièce à côté de ma chambre… (et je n’avais pas laissé la télé allumée, non ?)… bref, un roman d’horreur capable de me procurer ça a fort bien rempli son contrat.

Alors, tout n’est pas parfait, ce serait trop beau. Il y a des longueurs. Pas vraiment au sens où, comme certains l’ont dit, le roman serait trop long (je trouve personnellement qu’il fait exactement la bonne longueur) mais au sens où certains passages semblent creux, manquant d’intensité. Il y a, pendant plus d’une bonne moitié du livre, une intrigue trop linéaire – puisqu’en somme, le plan en est annoncé dès le départ. « On va filmer à Londres, puis en Normandie, puis dans le désert ». Et pendant 200 pages, eh bien – si on fait abstraction, bien sûr, des événements surnaturels de plus en plus inquiétants – c’est bien, en gros, ce qui se passe ! Ces difficultés sont en partie liées au projet lui-même – Nevill a manifestement voulu raconter une histoire lorgnant pas mal du côté de ces genres horrifiques récemment populaires que sont le faux doc ou le found footage (dont il transpose d’ailleurs très bien les effets à l’écrit). Et il est naturel, évidemment, que Kyle sache à l’avance ce qu’il veut filmer. Malgré tout, ça contribue à donner un petit côté planplan à l’histoire – à certains moments, on ronronne un peu en attendant l’apparition suivante des Vieux Amis, qui viendra électriser le récit.

Enfin, et surtout, la fin est ratée. C’est bien dommage, et presque inexplicable. Après 350 pages globalement d’une grande maîtrise, l’auteur nous balance un nouveau personnage, sans grand intérêt, dans les pattes, et c’est parti pour un final façon jeu de survival horror !

Alors là encore, dans l’absolu, il ne s’en tire pas si mal. Là encore, il transpose assez bien à l’écrit les effets de ce genre particulier. Mais, euh… Une telle ambiance, un tel crescendo dans l’angoisse, pour finir par une cinquantaine de pages où on shoote du monstre dans des couloirs obscurs… ! J’ai non seulement été déçu, mais j’ai eu bien du mal à m’expliquer une telle rupture de ton.

Voilà pour les défauts. Ils n’annulent pas, à mon sens, l’atmosphère incroyable d’un grand roman d’horreur, amplement suffisant à lui seul pour convaincre que Nevill est une des nouvelles voix majeures du genre.

D’ailleurs, pas moyen d’attendre, je me suis déjà procuré ses romans précédents .

Hors ligne themansteph

  • Barge du forum/Roliste occasionnel/Wannabe du jdr/Spécialiste en jeux de mots bidons
  • Pilier de Bar
  • *******
  • Présentation de themansteph

  • Messages: 2141
  • Non !
Re : Lectures opaliennes
« Réponse #464 le: décembre 30, 2013, 08:31:35 am »
Cela fait longtemps que je cherche un ouvrage intéressant sur la contre culture écrit par deux universitaires Canadiens, Joseph Heath et Andrew Potter. Le titre du livre est la "Révolte consommée : Le mythe de la contre-culture". L'ouvrage est quasi introuvable même sur internet, signe du succès de ce livre, il était encore disponible il y a quelque mois à peine sur PriceMinister mais il m'est passé sous le nez. Peut-être est-il disponible chez Gilbert Jeune ou Gilbert Joseph mais j'en doute.
J'aurais voulu savoir si certains d'entre vous l'avez lu et ce qu'ils en avaient pensé, si il vaut le coup d'être acheté. J'aurais aussi voulu savoir si il existé d'autre ouvrage sur le même thème.

Un petit lien explicatif: http://fluctuat.premiere.fr/Livres/News/Revolte-consommee-Joseph-Heath-et-Andrew-Potter-3172916