Auteur Sujet: Sombre  (Lu 41022 fois)

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Hors ligne Johan Scipion

Re : Sombre
« Réponse #555 le: mai 22, 2018, 10:24:31 am »
Jeudi, une nouvelle contrepartie Sombre sur Tipeee





« Je ne pense pas que Sombre soit ancré dans le paysage. Il est dans le rôle game, c'est certain, mais si demain j'arrête de produire des zines, il sera aussitôt oublié et remplacé par d'autres. L'horreur ludique a beau être une niche, elle n'en est pas moins riche de nombreux produits, dont beaucoup sont de grande qualité. Les rôlistes qui aujourd'hui kiffent mon jeu n'auront pas de mal à lui trouver des remplaçants s'il venait à disparaître. »


Jeudi 24 mai, les mécènes de Sombre recevront leur contrepartie mensuelle. Il s'agira d'une interview de moi-même par eux-mêmes, dans laquelle nous parlerons de la manière dont je produis et promeus Sombre, de ce que cela me rapporte, et des raisons pour lesquelles j'ai opté pour l'indépendance.

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Hors ligne Johan Scipion

Re : Sombre
« Réponse #556 le: mai 24, 2018, 21:33:28 pm »
Des news de Sombre !




Les mécènes de Sombre ont reçu leur contrepartie de mai





Bienvenue à bord et chaleureux remerciements à Jicey, récemment abonné à la page Tipeee de Sombre, et à Pierre, qui tipe en direct.

Bonne lecture, merci de votre soutien et à dans un mois.



*


La VPC de Sombre 8 est ouverte aux professionnels



illustration Greg Guilhaumond


Je leur ai envoyé un mail de sollicitation il y a une dizaine de jours. Les boutiques les plus réactives ont reçu leurs commandes aujourd'hui.

Si vous souhaitez acheter Sombre dans votre crèmerie habituelle, mais qu'il ne s'y trouve pas, réclamez-le à votre crémier. Les commerçants n'achètent que ce qu'ils pensent pouvoir vendre, c'est une évidence.

Et si vraiment, y'a pas moyen, sachez que l'achat par correspondance directement auprès de l'auteur fonctionne trèèès bien. Toutes les infos ici : http://bit.ly/2fKF4yi


*


Il y aura du Sombre samedi à Ludicité





Je serai présent toute l'après-midi (je ne fais pas la nocturne). Au programme, démos non-stop et vente de fanzines.

Venez venez, venez nombreux.


*


La tournée Sombre continue !

+ Samedi 26 mai à Ludicité (Paris)

+ Mercredi 13 juin à Athis-Mons (Essonne)

+ Samedi 16 juin à Fouesnant (Finistère)

+ Samedi 23 et dimanche 24 juin à Paris est Ludique (Paris)

Toutes les infos qui vont bien (horaires, lieux, inscriptions) ici : http://bit.ly/2og6avY


Hors ligne Johan Scipion

Re : Sombre
« Réponse #557 le: mai 27, 2018, 15:27:31 pm »
6 démos à Ludicité – mai 2018 – Paris



La Gare XP, petit train-train gauchiste.
photo la Gare Expérimentale


Ludicité, sympathique convention anarco-punk et nomade. Un lieu différent chaque année, ce qui explique que je ne la fasse pas régulièrement. Faut être lucide, tous les squats parisiens ne se prêtent pas à l'organisation d'une convention ludique. Des fois, c'est franchement limite. Leur plan 2018 me semblait pas mal. J'avais zieuté quelques photos de la Gare XP sur le Net, un squat artistique a priori pas trop déglingue. De fait, le lieu est plutôt cool. Un bar, des chiottes (crades mais fonctionnelles. Avec Radio Libertaire en fond sonore, ça ne s'invente pas), plusieurs salles en intérieur, des barnums dans la cour.

Juste un défaut, sous dimensionné : vachement plein trop de monde au regard de la surface de jeu. Clairement, Ludicité est victime de son succès (et du beau temps aussi sans doute). Gros avantage, je n'ai eu aucun mal à remplir ma table. Corollaire un tantinet moins fun, les conditions de jeu furent (très) difficiles. C'est pas dur, j'ai passé la journée à migrer. Johan, meneur itinérant dans une convention nomade, ça fait sens.

Quand j'arrive, on me case dans une pièce en parquet, un dojo qui a l'inconvénient qu'on doit s'y déchausser. Vu que mon turn-over de joueurs est assez important, je préfère m'installer dans la salle d'à côté, où qu'on peut garder ses shoes pour jouer au mah-jong. Seul souci, elle est en béton brut, façon bunker, donc très sonore. Et puis le mah-jong, ça n'a l'air de rien, mais c'est vachement bruyant. Tant pis, je me rabats sur le dojo.

Dans l'aprème, d'autres rôlistes s'y installent. La pièce est petite et à trois tables, on ne s'entend plus causer. Je m'en vais zieuter le mah-jong, constate que les parties sont finies, reviens au bunker. Sauf que le soleil tourne et que dos à la fenêtre, je cuis de chez cuis. Pis y'a Mando de Projets R, qui s'est installée avec ses joueurs parce que dans la cour aussi, sous les barnums, c'est hyper bruyant. Pour prendre un peu de frais et de distance, je change à nouveau de table.

Autogestion et démerden sie sich, j'étais pile-poil dans l'esprit de l'event. Ce fut quand même bien rude. Pas tant les déménagements successifs (j'ai peu de matos) que les parties elles-mêmes. C'était vraiment très bruyant, il faisait super chaud, et à mesure que l'après-midi avançait, les gens étaient de plus en plus alcoolisés. Ouais, le soleil donne soif de bière. Du coup, cinq Camlann, la plupart à quatre joueurs parce que dans ces conditions, cinq auraient été over too much.

Ah si quand même, dans l'après-midi, un Overlord à six joueurs dans le dojo, pour une bande de rôlistes qui l'avaient joué à une autre table que la mienne et n'avaient pas été convaincus par la prestation de leur meneur. Je suis content de dire que ce fut une très bonne partie, la meilleure de ma journée.

J'ai presque fait mes huit heures. Arrivé avant 14h, parti à plus de 21h, rincé de chez rincé. Recrutement, jeu, recrutement, jeu, un marathon Sombre. Au global, bilan positif. Accueil chaleureux, orga et lieu corrects, conditions difficiles mais public agréable, et plein de potos rôlistes. Projets R, des Ligueurs, des anciens d'Opale, même un Seb Lenoir revenu du Diable Vauvert. Une bonne fête du jeu, quoi.


Les mercis

+ Merci à La Mare aux diables pour l'invitation.

+ Merci à Boz pour l'orga en amont.


Mon body count

6 parties, 27 joueurs, 24 morts


*


Tournée Sombre 5/8 + tunnel de convs 3/3 : bien mais rude

+ Mercredi 13 juin à Athis-Mons (Essonne)

+ Samedi 16 juin à Fouesnant (Finistère)

+ Samedi 23 et dimanche 24 juin à Paris est Ludique (Paris)

Toutes les infos qui vont bien (horaires, lieux, inscriptions) ici : http://bit.ly/2og6avY

Hors ligne Johan Scipion

Re : Sombre
« Réponse #558 le: mai 31, 2018, 16:23:34 pm »
Interview tipeurs 2 : Greg demande





Lorsqu'il s'est inscrit sur la page Tipeee de Sombre, Grégory a profité de ses privilèges de tipeur pour me poser tout un tas de questions, auxquelles je réponds aujourd'hui volontiers. Nous voici partis pour nouvelle interview de moi-même par vous-mêmes. Comme à mon habitude, je la posterai d'ici une semaine sur les forums rôlistes de France et de Navarre.



Pour situer le cadre, quel est le modèle économique actuel de Sombre, sa structure administrativo-financière ?

Sombre est édité par Terres Etranges, une société par actions simplifiée, dont je suis le président, l'actionnaire principal et la cheville ouvrière. En clair, cette boite est un groupe de un. En dehors de produire et vendre la revue Sombre, elle est également prestataire de services (mes animations en bibliothèque et autres institutions culturelles). Une fois l'an, elle me verse des dividendes, qui constituent la plus grande part de mes revenus. Le reste, ce sont les sous de Tipeee. Tout mis bout à bout, cela me fait quelques centaines d'euros par mois. Encore loin du SMIC, mais je travaille sur la question.

Vu que ce texte est une contrepartie Tipeee, un mot sur votre mécénat. Actuellement, je gagne (après prélèvement divers) environ cent euros par mois grâce à vous. À mon échelle, ce n'est carrément pas négligeable. Pour moi, Tipeee n'est pas de l'argent de poche, c'est un vrai complément de revenu. Du coup, spéciale dédicace : merci à vous, les gars et les filles qui êtes abonnés à la page Tipeee de Sombre. Votre soutien fait la différence.

Au global, je ne peux pas réellement dire que je vis de Sombre. Sans la générosité de mes proches, je ne joindrais pas les deux bouts. D'un autre côté, vu ma vocation littéraire et rôliste, je n'ai jamais été super doué pour gagner ma vie. Avec ce que je fais actuellement, je commence à m'en approcher et c'est super agréable. Depuis deux ans que j'ai monté Terres Etranges, le jeu paie certaines de mes factures, ce qui est totalement inespéré. Quand je mange des pâtes, elles ont un arrière-goût de Sombre. On me l'aurait dit il y a dix ans, je ne l'aurais pas cru.



Cela fait vingt ans que tu travailles sur Sombre à temps plein, mais que faisais-tu avant ? Qu'elle était la place du JdR dans ta vie à cette époque ?

En fait, je suis plus près des vingt-cinq que des vingt. J'ai commencé, sans savoir que je bossais déjà sur Sombre, au milieu des années 90, à la sortie de la première édition française de Kult. La différence est que maintenant, je ne fais plus que cela. Il s'agit de mon unique activité, de mon métier donc.

Avant d'en arriver là, je fus longtemps pigiste : journaliste en presse magazine rémunéré au feuillet. La petite presse, hein, pas celles des grandes revues. Je travaillais dans le domaine des cultures de l'imaginaire, pour des supports divers et variés, dont le principal point commun était leurs tirages très modestes. Épuisant mais formateur.

Le jeu de rôle faisait déjà partie de ma vie professionnelle. J'ai écrit pour des magazines rôlistes, surtout Backstab, un peu Casus Belli seconde formule, Annunaki aussi. J'ai également fait de la pige pour trois jeux français, Vermine, La Caste des Métabarons et Dark Earth. Je n'ai pas persévéré dans cette voie car je me suis rendu compte que les journées n'avaient que vingt-quatre heures et que je devais choisir : Sombre ou les jeux des autres. Le choix a été vite fait.



Avais-tu à l'époque des compétences professionnelles/personnelles en synergie avec le JdR, te garantissant un niveau de qualité supérieur à du pur JdR amateur ?

Cette question me pose vraiment problème. La manière assez péjorative dont tu emploies le mot « amateur » surtout. Parce que Sombre est un pur produit de cette scène. Il appartient à la génération CJDRA (Convention des Jeux De Rôle Amateurs), qui a renouvelé une partie du paysage rôliste français au tournant du millénaire.

Personnellement, je ne fais a priori aucune différence entre jeux amateurs et professionnels. J'ai même une fois écrit au Grog pour leur dire que je pensais très fort qu'il fallait fusionner leurs deux bases de données. Amateur ou pro, un jeu est un jeu. N'en déplaise ce gros distributeur que j'ai eu une fois au téléphone, ce ne sont pas les couvertures cartonnées, le papier glacé et la quadri à chaque page qui font la qualité. Ça, ce n'est que l'emballage. C'est le game design qui fait la qualité d'un jeu. Or on peut game designer de ouf avec des moyens très limités. Amateur ou pro, il ne s'agit que d'une question de jus de cerveau et de travail.

Pour répondre plus précisément à ta question, non je ne pense avoir aucune compétence particulière qui « aurait garanti à Sombre un niveau de qualité supérieur ». Ce qui fait que le jeu est ce qu'il est aujourd'hui, c'est ma capacité à travailler beaucoup et longtemps, mon opiniâtreté, ma rigueur dans le playtest et l'écriture, ma passion intacte après toutes ces années. Rien qui ne soit à la portée du premier rôliste venu. Quand on veut, je veux dire quand on veut vraiment, on peut. Or moi, je veux vraiment.



Le Jeu de rôle, ça rapporte moins que des beignets à la plage, alors comment as-tu organisé ta vie par rapport à Sombre ?

J'ai arrêté de collectionner les Lanborghini. Tout de suite, ça dégage du budget.



Être créateur indépendant dans le JdR, c'est quoi au quotidien comme plaisirs et sacrifices ? Les différences avec les « grosses » structures (budget, créativité, animation) ?

Tu fais bien de mettre « grosses » entre guillemets parce qu'en fait, il n'en existe pas en France. Les gros poissons du secteur restent minuscules à l'échelle de l'édition en général. Ceci posé, je n'irais pas m'avancer à faire un comparatif avec ma situation car je n'ai pas assez d'expérience du boulot avec des éditeurs tiers pour pouvoir la ramener sur le sujet en toute connaissance de cause.

Tout ce que je peux dire, c'est que le peu que j'en ai vu ne m'a pas emballé. Ce n'est pas une question de personnes, j'ai croisé des pros absolument super, mais de marché. Le jeu de rôle francophone est un business rikiki, qui paie extrêmement mal. Encore plus mal que le reste de l'édition, c'est te dire. Pour un auteur, bosser aux conditions de ce marché revient à jouer à pile ou face avec une pièce à deux faces. Tous les inconvénients, aucun avantage.

Ce que j'ai vécu, c'est le manque de thunes et de liberté créative. Quand tu bosses pour un jeu qui n'est pas le tien, tu remplis les cases que d'autres ont créées pour toi. Moi, si on me paie correctement, je veux bien faire ce qu'on me dit, où on me le dit, comme on me le dit. Pour avoir longtemps bossé dans la presse, j'ai l'habitude. Je peux aussi accepter d'être faiblement rémunéré si je fais exactement ce que je veux. Je dis bien exactement : contrôle total. C'est le cas avec Sombre, et je kiffe. It's good to be the king.

Par contre, faire ce qu'on me dit pour des cacahuètes, merci mais non merci. Si tu veux me donner des ordres, des directives, des consignes, m'imposer ton univers, tes règles, tes gabarits, il faut que tu lâches de la maille. Or de ce que j'en ai vu, les éditeurs n'ont que des miettes à donner à leurs pigistes. De là ma vocation d'indépendant. Tout bêtement, je me suis dit : quitte à gagner des nèfles, autant faire ce que je veux. La vie est trop courte pour s'emmerder au boulot, pas vrai ?

Absolument rien d'idéologique dans l'affaire. Je ne suis pas indé par conviction politique, je le suis par pragmatisme. Si j'avais pu faire Sombre exactement comme je le voulais chez un éditeur tiers et en tirer une rémunération décente, je l'aurais fait. Cela aurait été plus simple à tous points de vue, ce d'autant que j'avais déjà un orteil dans la place. Mais y'avait juste pas moyen.

L'indépendance a un coût bien sûr. D'abord, elle contraint à assumer tout un tas de tâches moyen fun, de la compta à la distribution en passant par la vente. Ensuite, elle se paie en monnaie Fame, la sueur. Il est rare que je fasse des journées de moins de dix heures. Au moment où j'écris ces lignes, il est plus de quatre heures du mat', j'ai taffé comme un taré toute la journée, et ne suis pas près d'aller au dodo. Je vais me coucher à l'aube, ce qui m'arrive souvent. Je n'ai pas non plus de week-ends ni de vacances. Et quand je suis malade, je continue à bosser sinon je prends trop de retard et m'épuise ensuite à le rattraper. Parle-en à n'importe quel travailleur indépendant, quel que soit son secteur d'activité, tout le monde te dira qu'être son propre boss est surtout la meilleure manière d'être son propre esclave. Note que se fouetter soi-même a du bon, ça fait travailler la souplesse.



Les conventions, c'est beaucoup d'animation pour faire connaître Sombre. C'est plutôt un choix ou une obligation « professionnelle » ? Une évolution dans l'avenir sur la répartition du temps entre création et diffusion ?

Là par contre, tes guillemets sont malvenus. Comme je le disais, Sombre est mon métier. Quand je fais une convention, un festival, une animation en bibliothèque, je travaille. Du boulot, du vrai. Que je kiffe, hein, mais du boulot quand même. Et qui crève bien. Enchaîner les démos de Sombre est sportif.

Les conventions sont à la fois un choix personnel et une obligation professionnelle. De base, j'aime sortir de mon bureau pour aller à la rencontre des gens. Nous confronter, mon jeu et moi, à tout un tas de publics différents. C'est éreintant, mais si fun. Difficile parfois, instructif souvent. Cela nous fait grandir, Sombre et moi. Et puis, il y a l'aspect business. Ce qui fait vivre Sombre, et par ricochet paie mes coquillettes, ce sont les ventes directes : la VPC via le site de Terres Etranges et les ventes après les démos dans les conventions. Les conditions du marché boutiques sont extrêmement rudes, et mon produit pas du tout adapté. Il n'est pas assez cher, ma marge pas assez importante, mes coûts de production et de distribution trop élevés. Faibles tirages + gros frais de port = combo fatale.

S'il n'y avait les convs et les animations, je ne gagnerais presque rien avec Sombre. C'est la raison pour laquelle j'en fais une vingtaine par an. J'irais en convention même si rien ne m'y contraignait. La meilleure preuve est que je le faisais déjà depuis très longtemps lorsque j'ai décidé de professionnaliser mon activité. Par contre, je n'en ferais pas autant. Le nombre est une vraie obligation professionnelle, qui implique une organisation super carrée car je dois assurer en parallèle les playtests, l'écriture et la fabrication de la revue. Pour tenir mon rythme actuel (deux sorties par an, un numéro régulier et un hors-série), je dois tout planifier au moins six mois à l'avance, et de préférence un an. Cela demande beaucoup de discipline, et une grosse capacité de travail pour ensuite tenir les plannings. On n'a rien sans rien.



Par rapport à l'écriture de nouvelles, penses-tu un jour te tourner davantage vers ce domaine ? Quelle est la part en temps de l'écriture dans ton activité d'auteur ? Un roman en vue ?

J'ai clairement des ambitions littéraires, que j'ai d'ailleurs commencé à assouvir dans le cadre de ma revue. Je me suis fait plaisir dans les deux premiers hors-séries avec un recueil de fictions et la novélisation de House of the rising dead. Je vais continuer dans cette voie. Il y aura d'autres nouvelles dans de futurs numéros.

Par contre, je n'ai pas de projet de roman. Je ne dis pas que je n'en écrirai pas, il se pourrait très bien que je finisse par le faire. Qui peut savoir ce sur quoi je bosserai dans dix ans ? Certainement pas moi. Il y a une décennie, lorsque j'ai publié Sombre light sur terresetranges.net, je ne savais pas que j'en viendrais à produire deux fanzines par an. L'avenir est tout flou. Ça peut faire flipper, c'est aussi super excitant. Y'a du suspense, nom de Dieu !

Si je peux, dans ces conditions, affirmer que le roman n'est pas mon objectif, c'est tout bêtement que ce n'est pas ma culture. Comme il s'agit du format dominant de l'édition contemporaine, on a franchement tendance à considérer les nouvelles comme des coups d'essai préparant des textes plus longs. Cette conception m'est parfaitement étrangère, ceci pour une simple et bonne raison : j'écris majoritairement de l'horreur, un genre qui, n'en déplaise aux pavés de King, donne son meilleur sur le format court, voire très court. Poe, Lovecraft et Barker sont à la base des nouvellistes, même si passé ses Livres de sang, Barker a un peu choppé la stephenkinguite, cette maladie du pavé.



As-tu des projets pour développer Sombre au-delà des fanzines maintenant que c'est un jeu ancré dans le paysage ? Partenariat pour un jeu vidéo à la Slender Man ? Jeu de société ? Court-métrage ? Sombre in english ?

Je ne pense pas que Sombre soit ancré dans le paysage. Il est dans le rôle game, c'est certain, mais si demain j'arrête de produire des zines, il sera aussitôt oublié et remplacé par d'autres. L'horreur ludique a beau être une niche, elle n'en est pas moins riche de nombreux produits, dont beaucoup sont de grande qualité. Les rôlistes qui aujourd'hui kiffent mon jeu n'auront pas de mal à lui trouver des remplaçants s'il venait à disparaître.

Il y a sur le site du Grog une page qui référence les jeux par année de publication. Je t'invite à y jeter un œil, c'est très instructif. Zieute les sorties d'il y a ne serait-ce que dix ans, et compare avec le paysage rôliste actuel : les jeux toujours publiés ou réédités, ceux dont tu entends encore parler dans le vrai monde ou sur le Net, ceux qui sont joués à ta table ou à celle de tes amis. Tout de suite, ça remet les pendules à l'heure.

Du coup, je ne fais pas de plans à long terme. Écriture et animations, mon horizon est à deux semestres. J'ai des présommaires plus ou moins flous pour les numéros ultérieurs bien sûr, mais pas de plan de carrière. Je développe mon jeu en fonction de mes envies et de mes besoins ludiques. D'une, c'est l'un des vrais luxes de l'indépendance, donc j'en profite à fond. De deux, c'est à mon avis ce qu'on est en droit d'attendre d'un gars qui se prétend auteur : qu'il poursuive ses centres d'intérêt, marottes et obsessions pour faire œuvre personnelle. Or il se trouve qu'en ce moment, j'ai grave envie d'écrire des fanzines. Donc je le fais.

Par contre, je ne suis attiré ni par le jeu vidéo ni par le cinéma. J'adore le cinoche, mais bosser dedans ne me vend pas du rêve. Pour ce qui est de faire un jeu de société, c'est déjà le cas. Pour moi, le JdR n'est qu'une catégorie particulière de JdS. Quant à une traduction anglaise, l'idée me plait beaucoup, mais me semble très prématurée. Aboutir d'abord le jeu en français me paraît de bon sens. Le plus sage est toujours de mettre les bœufs avant la charrue.



*



Remerciements

Ce post vous est offert par les mécènes qui soutiennent la production de contenus gratuits pour Sombre. Merci de tout cœur à Glayroc, Benoît Chérel, Alias, Kayaane, Steve J, Batro, leiatortoise, Corrigans, Tholgren, furst77, Dorothée, Valentin T., Maazileov, pseudo, kF, Vincent, Peggy, Etienne Bar, Eliador, Nefal, Sevoth, Nicolas, Olivier, Sandra, Abyss Andromalius, Esteren, Orlov, Passelune, Tolkraft, Hunter_Chameleon, Harmelin Nicolas, antoahn, eugenie, boucher allan, Das, Grégory, Clément, Raccoon, Juan, Jicey et Pierre Rosenthal.

Si ce texte vous a plu et que vous souhaitez me donner les moyens de continuer à en écrire de semblables, faites comme eux, soutenez Sombre sur Tipeee.

Hors ligne Johan Scipion

Re : Sombre
« Réponse #559 le: juin 11, 2018, 16:26:18 pm »
Il y aura du Sombre cette semaine à Athis-Mons (Ilde de France) et Fouesnant (Bretagne)






Mercredi 13 juin, de 15h à 18h, Sombre en démos par son auteur à la ludothèque la Marelle.


Infos :

+ Ludothèque la Marelle - Place Mendès France - 91200 ATHIS-MONS

+ Sur le Net : http://www.mairie-athis-mons.fr/annuaire/structure_185.htm


*





Samedi 16 juin, de 10h30 à 13h et de 14h à 16h, des démos de Sombre par son auteur.

À Fouesnant, loin loin là-bas, dans le Finistère de la Bretagne.

Venez nombreux mourir à ma table, ça va être fun. Mais gaffe quand même aux zombigoudens, hein. ^^


Infos :

+ Médiathèque de Fouesnant - 1 rue des îles - 29170 FOUESNANT

+ Page Facebook : https://www.facebook.com/mediathequefouesnant/

+ Event Facebook : https://www.facebook.com/events/255804868316205/

+ Site Internet : http://archipel-fouesnant.fr/agenda/cosplay-et-jeux-video-a-la-mediatheque

Hors ligne Johan Scipion

Re : Sombre
« Réponse #560 le: juin 13, 2018, 23:57:18 pm »
3 démos à la ludothèque La Marelle – juin 2018 – Athis-Mons



La façade de la Marelle, un damier. Logique.
photo mairie d'Athis-Mons


– Dites-moi, mister Scipion, quelle serait selon vous la pire période pour tomber malade ?
– Je ne sais pas trop, docteur Johan. Vu mon emploi du temps, on ne peut pas dire que la perspective d'être contraint à une activité réduite durant plusieurs jours me réjouisse, quelle que soit la date.
– Quand même, il y a bien un moment de l'année où cela vous emmerderait particulièrement ?
– Lors de mon pic d'activité du printemps, je dirais. Durant la saison haute des conventions et des animations. C'est vraiment une période intense. Et puis, pour l'avoir déjà fait, je peux vous assurer que mener malade est atroce.
– OK c'est parfait. Je vous colle donc une bonne grosse crève des familles à la mi-juin, en plein dans votre second tunnel de convs. Vous m'en direz des nouvelles !

Rhâââ lâââ vâââche. Je sors d'une semaine de Doliprane, la gorge façon papier de verre (celui à gros grain), le nez défoncé, le cerveau à l'ouest. Il y a moins de 48 heures, j'étais étalé au fond de mon pieu en mode amibe de morve. Aujourd'hui, je dois assurer trois heures d'animation dans une ludo. Pour ne rien arranger, c'est la grève à la SNCF, qui me supprime mes RER à l'improviste. Bon sang, quand ça part de traviole, ça ne fait pas semblant.

Mais j'ai l'œil du tigre. Je serre les dents, les fesses, et tout ce que je peux. Je m'accroche et j'ai bien raison car à côté, y'a plein beaucoup de bonnes nouvelles : la ludothèque est très sympa, l'équipe vraiment cool et elle contient du rôliste. Je tourne depuis assez longtemps en bibli / média / ludo pour commencer à voir émerger une nouvelle génération de ludothécaires, vachement plus aware du JdR que la précédente.

Pour l'auteur que je suis, cela change tout. C'est très confortable de pouvoir travailler avec un public qui a déjà intégré les fondamentaux du hobby pour y avoir été initié par des ludothécaires rolistophiles. Luxe du luxe, Dorine, par l'intermédiaire de qui j'en suis venu à assurer cette animation (elle s'était assise à ma table au Salon Fantastique et aux RRX, il y a de cela quelques années), a déjà mené du Sombre à La Marelle.

Résultat, carton plein : trois parties en table complète, deux Camlann pour des enfants (une Bretagne sauvée de justesse, l'autre perdue) + un Overlord pour des ados (qui ont ensuite passé le reste de l'aprème à créer leurs persos Knight à la table d'un ludothécaire).

Post-crève oblige, ce fut rude, l'Overlord surtout car il est plus exigeant niveau maîtrise. À la fin des trois heures, j'étais lessivé. Mais ce fut aussi très agréable : lieu sympa, joueurs cools et intéressés, venus en famille pour certains, parties très fun, encadrement aimable et efficace, organisation nickel. Le top de l'anime en ludo.

Maintenant, j'ai deux jours pour me retaper avant Fouesnant. Parce que là, c'est pas trois heures, mais toute la journée, avé la fatigue du train en bonus. Hé ouais, l'animation en conditions extrêmes est un métier.


Les mercis

+ Merci à Dorine, sans qui.

+ Merci à Fabienne pour l'organisation, l'administratif et le véhiculage.

+ Merci à l'ensemble des ludothécaires pour leur efficacité, leur gentillesse et la chaleur de leur accueil.


Mon body count

3 parties, 15 joueurs, 13 morts


*


Tournée Sombre 6/8 + semaine de la mort 1/2 : no pain, no gain

+ Samedi 16 juin à Fouesnant (Finistère)

+ Samedi 23 et dimanche 24 juin à Paris est Ludique (Paris)

Toutes les infos qui vont bien (horaires, lieux, inscriptions) ici : http://bit.ly/2og6avY

Hors ligne Johan Scipion

Re : Sombre
« Réponse #561 le: juin 17, 2018, 23:01:42 pm »
6 démos au West Coast Play – juin 2018 – Fouesnant



Alors donc, c'est une bataille de carrés.
photo médiathèque L'Archipel


La Côte Ouest, mais de la France. Le Finistère, quoi. Tout comme pareil que celle des USA, sauf le climat. Mais ça va, j'ai pris le pli depuis le temps. C'est pas dur en fait, quand un Breton te dit « Cet après-midi, il va faire bon », tu dois comprendre « Putain de ta mère, on va se cailler sévère ». Donc quand Alexandra, orga en cheffe du West Coast Play, me présente mon stand outdoor, une table sous barnum, en me disant, rassurante, « Mais t'inquiète, cet après-midi, il va faire bon », tout de suite, y'a une petite lumière rouge qui se met à clignoter dans un coin de mon cerveau.

Direct, je me reconfigure en mode chieur pour expliquer que les démos en extérieur, ça ne va pas être possible. Avec la crève que je me tape, je vais mouriiiir. J'en suis déjà à une boîte de Kleenex par jour. Si on ne me recase pas en intérieur, je vais virer au golem de morve. Et je ne veux pas, c'est sale. Ce ne serait pas cool pour aujourd'hui, ce ne serait pas cool non plus pour Paris est Ludique, que je dois assurer dans une semaine. Heureusement, on me trouve un bout de couloir (près des chiottes, la place attitrée du JdR en conv :-D) et même une cloison mobile. Tout de suite, je suis mieux. Je commence à ronronner, faire mes griffes sur les pieds de chaise et balancer les graviers de ma litière un peu partout. C'est le bonheur.

Qu'est-ce donc que ce West Coast Play, demandez-vous ? Un festival de, oui parfaitement, cosplay, organisé par la médiathèque de Fouesnant dans ses immenses locaux. La vache, l'équipement est pur impressionnant. Y'a des salles partout, grandes comme des terrains de foot et super bien équipées, le tout flambant neuf. Je connais des maires de banlieue qui tueraient pour la moitié de ça.

Déambulant dans les allées de L'Archipel, des gens déguisés en Jedi agricoles (avé les bottes en caoutchouc), en héros de comics (là ça va encore, je suis) ou de manga / japananime / jeux vidéo japonais (là par contre, totalement largué). Et aussi de la réalité virtuelle, du jeu vidéo classique, des flippers, de la calligraphie, des musiciens et des stands de goodies. La Japan Expo en tout rikiki, sous le ciel plombé de la Bretâââgne.

Au milieu de ce très sympathique foutoir, Johan, ses petites tuiles et ses dés en plastoc. Wesh gros, MC Dark. Représente le rôle game. S.O.M.B.R.E. dans la place. Spéciale kasdédi à toutes les victimes.

De l'animation grand public, juste quatre cinq authentiques rôlistes dans la journée. Business as usual : recrutement, partie, recrutement, partie, six fois en tout. Je suis carrément rodé. Le truc cool est que je n'ai pas eu trop de mal à remplir ma table. En fin d'aprème, il y avait même des gens qui attendaient autour pour la partie suivante.

Quatre Camlann, deux Overlord, une petite trentaine de joueurs. Six parties très sympa. Je repars un poil tôt pour attraper le dernier train à Quimper, mais étais de toute façon au bout. Avec la crève et la fatigue (la Bretagne, c'est quand même loin), je ne pense pas que j'aurais pu en faire une septième. J'avais tout donné et atteint ma limite.

Au global, une excellente journée, dont j'espère qu'elle connaîtra une suite l'année prochaine. Franchement, ça mérite de grossir. Par contre, un peu plus de soleil (et moins de crève, tant qu'à faire) ne ferait pas de mal. Mais bon, ça ne se commande pas.


Les mercis

+ Merci à Alexandra pour l'invitation et l'orga. Sérieux, réactivité, professionnalisme, amabilité, le sans faute.

+ Merci à tout le personnel de L'Archipel pour leur accueil, leur gentillesse et leur efficacité.


Mon body count

6 parties, 29 joueurs, 24 morts


*


Tournée Sombre 7/8 + semaine de la mort 2/2 : California dreaming

+ Samedi 23 et dimanche 24 juin à Paris est Ludique (Paris)

Toutes les infos qui vont bien (horaires, lieux, inscriptions) ici : http://bit.ly/2og6avY

Hors ligne Johan Scipion

Re : Sombre
« Réponse #562 le: Hier à 15:22:21 »
Terres Etranges en force à Paris est Ludique 2018





Il y aura plein de démos de Sombre sur le stand " Initiation aux Jeux de Rôle " (numéroté 2 sur le plan. Il est dans la zone grise, c'est-à-dire à droite en entrant) :


Johan Scipion, auteur de Sombre sera présent les deux jours, en après-midi, pour enchaîner les démos flash.


DeathAmbre, fondateur du label DarkFarm, sera présent samedi après-midi. Il mènera du Sombre Zéro :

+ AnteDivine (anges vs démons, un match "amical" de 30min)

+ Behind the doors (5min de claustrophobie dans un ascenseur)

+ Deep Space Gore (hurlez dans l'espace pendant 15min)

+ Sanctuaire (un tombeau, des barbares, du sword & sorcery en 30min)

+ Tanks & Dragons (de l'acier et des flammes, 30min de tourisme en uchronie)


Polo, auteur de Cthulhu DDR, un univers lovecraftien pour Sombre, sera présent dimanche après-midi. Il propose :

+ Les abominations du Gare : mini campagne montagnarde en 3 actes où vous incarnez successivement des fugitifs, des gardes frontaliers et des vacanciers confrontés au surnaturel (2h, splitable en parties flash).

+ Kellershaus : vous avez été relogés dans un immeuble rénové dans les faubourgs de Dresde et une horreur venue du passé vient vous chasser (2h)


Antoine Saint-Epondyle, blogueur chez Cosmo Orbus, sera présent dimanche après-midi. Son programme :

+ The Fast Food Massacre : survie entre friteuse et piscine à boules

+ Urgence(s) : survie en milieu hospitalier

+ Cinema Paradiso : série B à monter soi-même, vibrant hommage aux mauvais films d'horreur de notre jeunesse

+ Les Grimmies

+ Deep Space Gore


*


Infos :

+ Site : https://sites.google.com/a/parisestludique.fr/paris-est-ludique-2018/

+ Facebook : https://www.facebook.com/events/210051662906606/